Semaine 15 / Week 15

Pourquoi ne pas lire en écoutant de la musique cette semaine ? Découvrez Talmud Beach, groupe de blues finlandais qui est devenu en quelque sorte la bande-son officielle de notre promotion et que nous avons eu le plaisir de voir en concert vendredi soir.

Want a musical background to your reading? Discover Talmud Beach, Finnish blues band that became kind of official soundtrack of our promotion and that we had the pleasure to see in concert on Friday night.

Lundi 17 novembre 2014

C’est Ma Semaine. Ou au moins une de celle qui devrait me permettre de m’exprimer au mieux et de prendre du plaisir. Cette semaine est dédiée à la fabrication d’un couteau selon les techniques traditionnelles d’Europe du Nord. Ces couteaux, appelés Puukko en Finlande pour les modèles usuels de taille réduite, sont fabriqués avec des variantes en Suède et en Norvège également. Les couteaux de plus grande taille sont nommés Leuku. Comme je me suis déjà exercé à cet artisanat, je vais essayer de réaliser deux couteaux cette semaine.

Nous passons la première journée dans la forge qui se trouve dans une salle attenante au stockage des canoës et des kayaks.

Nous devons chauffer de simples barres de fer dans une forge équipée d’une soufflerie qui garantit l’obtention de hautes températures en chauffant du charbon de bois. Pour être travaillé, l’acier doit être porté à une température comprise entre 1150 et 1200° C, il prend alors une couleur jaune paille. Une fois cette température atteinte, il faut le marteler rapidement pour lui donner la forme voulue. Un peu comme de la pâte à modeler très dure…

IMG_9220 - Version 2

IMG_9197

IMG_9202 - Version 2

En premier lieu, on forme la soie (c’est-à-dire la partie qui se trouvera dans le manche) en laissant au moins 5 centimètres sur l’un des côtés.

La lame doit être forgée en pente : le côté aplati formera la lame et le côté incurvé le dos du couteau. C’est un peu compliqué à imaginer mais le fait d’aplatir une des tranches courbe l’autre tranche. Pourquoi marteler le métal et ne pas se contenter de simplement le limer? Parce que le fait de taper sur le métal permet de rapprocher les molécules, d’augmenter le taux de carbone et donc de renforcer la dureté du métal. On forme la lame, en faisant des séries répétées de petits coups avec une masse de 1 à 2 kg ; en faisant de longues séries de coups en remontant le long de la lame, en amincissant l’acier et en faisant une pointe plus fuselée. On doit travailler la lame des deux côtés pour l’empêcher de se tordre ou pour corriger ses erreurs…

This is My Week. Or at least the one that should allow me to express myself better and to have fun. This week is dedicated to the manufacture of a knife using traditional techniques from Northern Europe. Indeed, these knives known as Puukko in Finland for common models are also made, with small variations, in Sweden and Norway. Bigger knives are named Leuku. As I already practise this handicraft, I’ll try to make two knives this week.

We spent the first day in the forge which is located in an adjoining room for the storage of canoes and kayaks.

We must heat up simple iron bars in a forge equipped with a blower which allow high temperatures by heating the charcoal. To be worked, steel must be heated to a temperature between 1150 and 1200° C, stell is a light straw colour then. Once this temperature is reached, quickly hammering the bar to give it shape you want. Kind of very hard playdough…

First, you have to form the silk (i.e. the part that will be in the handle) leaving about 5 cm on one side.

The blade have to be forges in sloping shape: the flat side for the razor, and the curved side for the back of the knife. That’s a little hard to imagine, but flattening one part bows the other one. Why hammering metal instead of filing it? Because hiting the metal allows to bring closer the molecules, to increase the carbon content and thus enhance the hardness of the metal. Forming the razor by repeated rounds of small strokes with a weight of 1 to 2 kg; by a long series of strokes along the blade, by thinning the steel and making a more slender tip. You have to work on both sides of the blade in order to prevent twisting or to correct your mistakes…

IMG_9216 - Version 2

Mardi 18 novembre 2014

Une fois la lame forgée, on la lime à l’aide d’une meuleuse pour obtenir une surface suffisamment fine afin de réaliser le tranchant. On obtient ainsi l’aspect quasi définitif de la lame.

Once the blade forged, we file it with a grinder to obtain a sufficiently fine area and make the cutting edge. Appearance of the cutting edge is almost final then.

IMG_9225

IMG_9233

Mercredi 19 novembre 2014

Nous poursuivons notre travail sur la lame. Après avoir été forgé, l’acier de la lame est relativement souple, ce qui permet d’en travailler le tranchant (généralement en profil sabre), il faut ensuite la durcir afin d’en permettre une utilisation quotidienne. On chauffe donc l’acier au chalumeau (400℃ environ) puis on plonge la lame dans un bain d’huile afin de le refroidir en provoquant un choc thermique. Cela permet d’obtenir une dureté de lame 4 à 5 fois supérieure. L’acier étant dur, il perd de sa souplesse. L’étape suivante sera donc de cuire la lame (dans un four classique de 30 à 60 minute à 220℃ environ). Cette étape permettra de retrouver un peu de souplesse et d’éviter ainsi le bris de la lame. Inutile de vous dire qu’en m’initiant à la ferronnerie, je mesure le travail effectué par les grands maîtres japonais qui avaient trouvé des moyens de contrôler les types d’acier contenus dans chaque section de la lame des Katanas, permettant un équilibre entre dureté et souplesse. Je ne parle même pas de l’esthétique de ces lames incomparables.

Continuation of the work on the blade. After being forged, blade steel is relatively soft, which makes it possible to work the cutting edge (usually saber profile). After, it is necessary to harden it in order to allow daily use. Thus steel is heated with a torch (about 400 ℃) and then immersed in an oil bath to cool it by causing a temperature shock. The blade will be 4 to 5 times harder then. At this point, the steel is hard and loses its flexibility. The next step will be to bake the blade (in a conventional oven for 30 to 60 minutes at about 220 ℃). This step will regain some flexibility and avoid the blade breakage. Needless to say that in introducing me to the ironworks, I measure the work done by the great Japanese masters who had found ways to control the types of steel contained in each section of the blade of the Katana, allowing a balance between hardness and flexibility. I do not even talk about the aesthetics of these incomparable blades.

IMG_9245

IMG_9244

Nous nous retrouvons dans l’atelier de l’école élémentaire de Kuru mis à notre disposition pour façonner l’étui et le manche de notre couteau.
Si le système pédagogique finlandais obtient de si bons résultats et est loué à travers le monde, c’est aussi grâce à la pluridisciplinarité. Les élèves de Kuru ont accès dès l’âge de sept ans à des machines outils, perceuses, meuleuses, tours, scies rotatives, etc. Et il ne s’agit pas d’une école spécialisée mais bien d’une petite école de campagne.

We end up in the workshop the elementary school in Kuru to work the case and handle of our knife. If the Finnish system gets so successful results and is lauded around the world, it is also due to its multidisciplinary approach. Kuru pupils as young as 7  have access to machine tools, drills, grinders, lathes, rotary saws, etc. And it is not a specialised school but a small country school.

IMG_9236

Chacun décide du design et de la forme qu’il souhaite donner à son couteau. Puis on usine chacune des pièces constituant le manche avant de les coller avec une colle epoxy. J’ai choisi de mixer différentes matières (bois, bois de renne, fibre).

Each decides on the design and the shape which he/she wishes to give to his/her knife. Then we work on each of the parts of the handle before sticking them with epoxy glue. I chose to mix different materials (wood, antler, fiber).

IMG_9237

Jeudi 20 novembre 2014

Au fur et à mesure, mon puukko et mon leuku prennent forme même s’il y a encore beaucoup de travail à effectuer avant de pouvoir les considérer comme achevés.

As to my puukko and my Leuku take shape although there is still much work to do before they can be considered completed.

IMG_9248

IMG_9249

 Vendredi 21 novembre 2014

Mon puukko est quasiment terminé même si le manche doit être poncé et lustré avant d’être passé à l’huile de lin. L’étui devra sans doute être patiné avec un cirage foncé pour que le bois de renne se fonde un peu plus avec le manche. Le leuku, lui, nécessite un peu plus de travail tant sur le manche que sur le fourreau.

My puukko is almost completed even if the handle must be sanded and polished before coated with linseed oil. The case will probably be skated with a dark polish for the reindeer antlers relies a little more with it. The Leuku needs more work on both the handle and the scabbard.

IMG_9259

 

2 réflexions sur “Semaine 15 / Week 15

  1. WAOOOOOO, cousin, c’est juste sublime… Je connais ta passion pour les arts martiaux et tous les sabres japonais! Je suis ébahie par tout ce que vous apprenez. Quel bonheur tu a dut vivre en faisant ce travail, moi qui suis manuelle, je connais cette excitation et cette joie de voir et de toucher un objet que l’on a réalisé sois même…
    C’est vraiment passionnant tout cela, enjoy, et le blog est superbe….
    Gros bizooooox de cha

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s