L’imposture de l’espace / The imposture of the space

Je vais courir voir le nouveau film de Christopher Nolan, Interstellar. Dès que possible. Je suis certain comme les premières critiques le laissent entendre que c’est un chef-d’oeuvre. Mais il repose sur un scénario qui m’effraie et m’énerve. En restant poli.

I am going to run to see Christopher Nolan’s new movie, Interstellar. As soon as possible. I’m sure as the first criticisms suggest it that it’s a masterpiece. But it is based on a scenario that scares me and pisses me off. By remaining polite.

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Le pitch est le suivant : dans un futur indéfini, peut-être pas si lointain, ce qui reste de l’humanité survit sur les ultimes ressources exploitables d’une Terre à l’agonie. Une expédition spatiale de la dernière chance part explorer une autre galaxie, à la recherche de nouveaux mondes habitables par l’Homme.

C’est très exactement le deuxième effet Kiss cool de la conquête spatiale. Découvrir d’autres mondes, d’autres planètes pour assouvir la soif de connaissance de l’homme, OK. Profiter des effets d’apesanteur de l’espace pour y faire des expériences qui peuvent profiter à la vaste marche en avant du progrès de la médecine et de l’industrie, OK. Mais sous entendre qu’à travers la conquête spatiale, il puisse y avoir une porte de sortie acceptable et possible à la dégradation systématique de notre planète, c’est criminel.

Je pense que la conquête spatiale est une des plus grandes utopies et une des plus grosses farces de l’histoire contemporaine. Laisser penser à l’humanité que malgré les erreurs commises, malgré la surconsommation des ressources naturelles, on pourra s’en sortir en sautant sur une autre planète comme un essaim de sauterelles et en abandonnant une terre exsangue est juste un non-sens, a minima, et sans doute un acte répréhensible.

Le jour du dépassement arrive chaque année un peu plus tôt. Il était cette année le 20 Août. A cette date, l’humanité a épuisé le budget écologique annuel de la planète. Pour le reste de l’année, notre consommation résultera en un déficit écologique croissant qui puisera dans les stocks de ressources naturelles et augmentera l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère. En 1993, le jour du dépassement était le 21 Octobre.

Comment imaginer transporter des milliards d’humains sur une autre planète alors que l’on n’a pas (encore) atteint Mars malgré les moyens considérables déployés ? Au rythme actuel auquel l’homme soumet sa propre terre, seuls quelques dizaines d’humains, au mieux, pourraient s’échapper du désastre annoncé. Effaçons ce mythe icarien de notre cerveau et tentons de sauver notre propre maison de la destruction. Réveillons-nous ! Nous sommes coincés sur Terre. Et pour être totalement honnête, je n’en suis pas fâché. Protégeons-la.

Et ne considérons pas les hommes dans l’espace comme autre chose que des aventuriers, à l’instar des marins ou des alpinistes : ils sont là pour nous faire rêver.

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The pitch: in an indefinite future, maybe not so distant, the last survivors of a dying earth attempt to save humanity from an environmentally devastated Earth by finding a new habitable planet in another galaxy.

Discover other worlds, other planets to feed man’s passion for more knowledge, OK. Enjoy the effects of weightlessness of space to do experiments that can benefit the vast march of progress in medicine and industry, OK. But to suggest that through the space conquest, there may be an acceptable and possible way out of the systematic degradation of our planet, it’s criminal.

I think the space conquest is one of the great utopias and one of the biggest jokes of contemporary history. Suggest that despite the mistakes, despite the overuse of natural resources, we can get out there by jumping on another planet as a swarm of locusts and abandoning a bled dry earth is a nonsense and probably wrongdoing.

Ecological Debt Day happens earlier every year. This year, it was on the 20th of August. At that time, mankind has exhausted the annual green budget of the planet. For the rest of the year, our consumption will result in an increasing ecological deficit which will draw from the stocks of natural resources and will increase the accumulation of the CO2 in the atmosphere. In 1993, the ecological debt day was on the 21st of October.

How can we imagine to transport billions of human beings on another planet while we have not (yet) reached Mars in spite of the use of considerable means ? Because of the speed with which man handles his own planet, only a few human beings, some tens at best, could escape from the announced disaster. Let us free our brain from this Icarian myth and let us try to save our own house of the destruction. Wake up! We are stuck on earth. And to be totally honest, I am not so unhappy about it. Let us protect it.
Men in the space are no more than adventurers, whom, like the sailors or the climbers, are there to make us dream.

Une réflexion sur “L’imposture de l’espace / The imposture of the space

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